Indice national du Bonheur : une réalité législative depuis aujourd'hui! - 23/05/2039

Mis à jour : 25 juin 2019


Depuis plusieurs années, de plus en plus de partis politiques locaux avaient commencé à mentionner cette notion de “bonheur mesurable” dans leurs discours et différents programmes politiques.


Comme toute politique publique, il aura fallu une bonne dizaine d’années pour voir des mesures concrètes et coercitives prendre corps dans l’arsenal juridique local. Mais c’est désormais chose faite! L’assemblée a adopté ce jeudi le dispositif intégrant le “bonheur” dans la définition des politiques publiques, les critères des contrats publics et, plus généralement, dans les indicateurs économiques sur l’état du pays.


Cette disposition vient-elle donc rendre le bonheur obligatoire? Bien sûr que non! Sous cette appellation marketing un peu simpliste, il s’agit avant tout de sortir du tout économique et du tout financier et d’envisager le développement local comme un élément bien plus complexe que la recherche de profits ou d’investissements.


En effet, dès maintenant, chaque décision publique devra intégrer, dans ses critères de décision et d’évaluation, un nouveau set de critères de sélection. Cela fait maintenant depuis une vingtaine d’année que l’environnement est entré dans les éléments de décision des politiques publiques donc cet élément n’a rien d’une nouveauté!


Ce qui change en revanche ce sont les critères socio-culturels et la façon dont ils seront mesurés:

  • Imprégnation culturelle et respect du socle traditionnel,

  • Appréhension positive par la population locale,

  • Capacité du projet à développer le bien-être de proximité,Engagements et capacité à générer des emplois et de l’entrepreneuriat de long terme et de qualité,

  • Impact des processus techniques et industrielles sur la santé publique,

  • Capacité du projet à générer des approches pédagogiques et éducatives pour les établissements scolaires de proximité.

C’est au travers des données générées par les réseaux sociaux ainsi qu’aux études d’impact réalisées, publiées et commentées sur la plateforme administrative du gouvernement, qu’un algorithme de mesure sera appliqué sur chaque critère.


Loin de la lourdeur des enquêtes d’utilité publiques des années 1990 et 2000 où il convenait de réunir la population dans différents endroits, de tenir des cahiers de doléances rarement exploités au final, les algorithmes mis en place viendront analyser en temps réels les idées et commentaires de la population concernée.


Face à cela seront mis en ligne les études d’impact réalisées par des organismes indépendants mandatés par le gouvernement pour établir les éléments propres à chaque critères. Ceci étant fait, la population pourra les consulter et voter en fonction des éléments qu’elle préfère, afin de finaliser le projet non pas uniquement avec le porteur du projet mais bien avec tous les acteurs locaux concernés.

Pour le cas spécifique du critère culturel, les institutions représentatives de la culture et des traditions seront consultées spécifiquement pour garantir leur adhésion au projet et entendre leurs propositions pour garantir le respect de la culture locale par le projet concerné.


Les représentants des entreprises ont tenté de faire modifier les éléments relatifs à l’analyse des réseaux sociaux, arguant du fait que les commentaires publiés ne représentaient pas nécessairement l’avis réel des populations. Mais le gouvernement a répondu que les algorithmes mis en place étaient ceux déjà utilisés dans d’autres pays depuis une dizaine d’années et qu’ils avaient fait leur preuve sur des communautés bien plus grande.


Le bonheur mesurable mais toujours démesuré à Tahiti, c’est donc dès demain!

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