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Emigration au Japon, les populations du Pacifique vers un nouveau refuge? - 05/01/2050

Cela fait maintenant plusieurs décennies que le Japon n'est plus connu pour son économie florissante mais bien pour sa décroissance démographique intense.

Le Japon perd sa population à un taux de plus en plus rapide du fait d'une natalité quasi nulle aujourd'hui et d'un vieillissement croissant de la population.


Face à cette crise démographique, la première du genre dans le monde et dans l'histoire de l'humanité, le pays connaît des difficultés à s'adapter.

Pourtant, déjà dans les années 2020 le gouvernement japonais avait commencé à réfléchir à la question: faciliter les formalités d'immigration, ouvrir les universités aux étudiants étrangers.


Oui mais voilà, un tel changement ne se fait pas au travers d'une nouvelle procédure. Pays à la culture très ancrée, le Japon n'a jamais accueilli beaucoup de migrants dans son histoire. Dès lors, accueillir des nouvelles cultures, de nouveaux modes de vie, relevait d'un défi important qui allait au-delà de problématiques réglementaires.

Il fallait adapter la population à la différence, à la diversité. Autant d'éléments qui, dans bien d'autres pays, ont représenté des décennies d'éducation, de sensibilisation mais aussi, comme en Europe et aux USA, de conflits, de tensions, de rejets... jusqu'à ce qu'un équilibre se fasse non sans mal.


ll aura donc fallu plusieurs décennies pour que des résultats concrets se produisent. Pile à temps quasiment pour accueillir les premiers réfugiés climatiques du Pacifique.

Car cela faisait un certain nombre d'année déjà que le Japon, au travers de son organisme d'aide au développement (JICA) avait commencé à s'investir dans le Pacifique et à participer au soutien et au financement de plans d'adaptation et de réponse au changement climatique.


Dès lors, l'étape suivante était devenu quasiment logique. Face à l'impossibilité de combattre la montée des eaux et le changement climatique, il ne restait plus qu'à se réorienter vers des actions de protection et d'accueil des réfugiés.


La situation a été facilitée par le fait que le Japon a toujours été grandement intéressé par les cultures du Pacifique et qu'un respect mutuel entre elles a toujours existé. Ce passé "positif" entre les peuples a permis de lever bien des obstacles à ces premières migrations.


Pour autant, l'adaptation n'a pas été aussi facile. La communauté internationale ayant attendu le dernier moment pour agir, les migrations se sont faites dans l'urgence et dès lors les infrastructures publiques n'étaient pas prêtes pour un tel afflux soudain de nouveaux habitants dans un pays à l'ordre bien établi depuis des millénaires.


Faisant usage des différents systèmes judiciaires et de la mise en jeu de la responsabilité des grands Etats pollueurs, et surfant sur les vagues de protestation populaires, les Etats du Pacifique ont réussi à négocier que leurs populations ne soient pas hébergées dans des "zones" (camps?) de réfugiés à titre "transitoire".

Le Japon, qui s'était donc porté volontaire pour impacter sa transition démographique, a dû donc très rapidement trouver des emplois, intégrer de nouveaux écoliers... Le tout en quelques mois.


La résistance de la population n'a pas tardé à se faire sentir et les premiers conflits ont commencé à émerger, les populations du Pacifique se retrouvant limitées à des emplois précaires et des zones non urbanisées.


A ce jour, bien des progrès sont encore à produire si le Japon souhaite profiter de cette "aubaine" pour reprendre une croissance démographique et économique du fait de ces nouvelles migrations climatiques. Mais il convient de saluer la démarche initiale car, malheureusement, bien peu sont les pays qui, derrière les grandes déclarations d'intention, n'ont jamais été prêts à assister le Pacifique depuis les premières crises climatiques...