Fermage robotique: le forum du Pacifique met la pression sur l’Australie - 25/09/2050

Depuis des décennies, les grands Etats fermiers, dont l’Australie et la Nouvelle Zélande dans le Pacifique, ont profité des flux migratoires pour disposer de main d’oeuvre volontaire, flexible et, soyons honnête, souvent à bas coup. En effet, désireux de trouver un emploi pour soutenir leurs familles, beaucoup de migrants étaient prêts à accepter des conditions de travail difficile et des rémunérations très faibles tant que cela leur permettait d’accéder à un travail.

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Le contexte pandémique des années 2020 aura eu d’ailleurs un impact majeur sur les économies insulaires, de nombreux travailleurs ayant, du fait de l’arrêt des transports internationaux, perdu les opportunités d’emploi dans ces pays.


C’est d’ailleurs cette pandémie qui a provoqué l’émergence d’une nouvelle tendance: le fermage robotique. Plus que d’acheter des machines pour faire le travail difficile (en tant que nouveaux chevaux de l’ère post-industrielle), les exploitations sont devenues quasiment intégralement autonomes: des machines dans les champs contrôlés par des capteurs multisensoriels reliés à des systèmes centraux d’intelligence artificielle qui assurent la gestion complète de l’exploitation.


Certains éléments de ces nouveaux systèmes, la partie capteurs connectés, ont trouvé leur origine chez nous à Tahiti, où une usine de production a été développée il y a une vingtaine d’année. Mais si pour cette partie spécifique le développement de ce nouveau type d’agriculture a pu profiter à la population de Tahiti; elle a malgré tout été une perte importante pour de nombreux travailleurs migrants des autres îles du Pacifique, traditionnellement très liées à l’Australie et la Nouvelle-Zélande.


C’est pourquoi, récemment le Forum du Pacifique a créé une commission de travail sur le sujet pour tâcher de faire pression sur les Etats fermiers et les influencer pour trouver de nouvelles opportunités pour ces travailleurs. L’une des solutions envisagées est d’encourager les exploitations de ces Etats, qui ont bénéficié pendant des décennies de cette main d’oeuvre migrante, d’investir dans le développement de l’agriculture insulaire en formant les exploitants locaux et en aidant à l’adaptation de la technologie au contexte insulaire.

Une autre option serait de financer les études de nombreux jeunes des îles pour les former à ces nouvelles industries et en faire de potentiels entrepreneurs dans ces nouveaux secteurs.

Bien évidemment, comme dans tout dialogue international, l’équilibre n’est pas en faveur des îles du Pacifique. Mais le Forum espère bien profiter des engagements environnementaux de ces Etats pour les engager à participer dans une agriculture plus efficace et donc moins génératrice de pollution.


La tâche sera longue et beaucoup espère que les solutions mises en oeuvre pourront s’étendre aux fermes océaniques et aquacoles de la région. Affaire à suivre…


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