Filière agricole : le succès des bananes du Pacifique - 24/08/2049

Pendant longtemps, l’insularité de notre économie, et de l’ensemble des économies des îles du Pacifique, a été vue comme un inconvénient : trop loin, trop petite, trop fragile…

Et pendant longtemps ces inconvénients étaient réels.

Mais avec l’évolution de l’économie mondiale ainsi que des grandes tendances climatiques et sociétales de cette fin de 1ère moitié du XXIème siècle, l’insularité économique est devenue un atout majeur qui a été bien négocié à l’échelle régionale.

En effet, avec l’accroissement des conséquences du changement climatique, les industries agricoles des grands Etats sont devenues moins productives, plus sensibles aux évènements naturels.


Par son positionnement proche de l’équateur, les îles du Pacifique, pour la plupart, ont moins subi la variabilité climatique que les climats tempérés ont connus. Les extrêmes, dans le Pacifique, on les connait et on les maîtrise depuis bien plus longtemps que ces systèmes tempérés finalement très fragiles.


Avec cela, et la mondialisation des échanges, les productions agricoles des grands Etats se sont retrouvé à faire face à des pestes animales et végétales auxquelles elles n’avaient jamais eu affaire auparavant. Dès lors, leurs productions ont été rapidement dévastées, rappelant quasiment les scénarios de science-fiction des années 2010 (Interstellar…).


C’est ainsi qu’en 2020, la production bananière sud-américaine a été ravagée par la “maladie de Panama” (du champignon Fusarium oxysporum sp. cubense). La production mondiale a chuté et la demande en banane, toujours aussi importante en Europe et aux Etats-Unis a connu une flambée importante, faisant de ce fruit si commun presque une denrée de luxe.


Et c’est dans les situations de crise que se trouvent les opportunités et les agriculteurs du Pacifique ont su répondre présent!


En effet, plusieurs agriculteurs de Tahiti et de Nouméa ont décidé de s’associer, en 2028 pour mettre en commun leur production bananière et pouvoir ainsi disposer d’une force de frappe commerciale plus importante sur les marchés récepteurs.


Quelques années plus tard, ils ont été rejoints par les producteurs de Fiji (qui ont migré de la canne à sucre à la banane relativement rapidement, notamment grâce à la rapidité de pousse de la plante en milieu tropical) et du Vanuatu qui ont joint leurs efforts dans une coopérative de production et un syndicat des producteurs gérant l’ensemble de la chaîne d’export.


Bien qu’auparavant handicapée par le coût du transport, la production de bananes du Pacifique est devenue compétitive compte tenu de l’envolée des cours des bananes sud-américaines et des Caraïbes devenue rare et donc chère.


Une fois les filières d’exportation créée, il a été plus facile de sécuriser le marché, surtout compte tenu du fait que la position centrale des îles du Pacifique dans cette zone devenu coeur des mouvements géopolitiques mondiaux (notamment du fait des rapports USA-Chine) a représenté une aubaine évidente pour nos économies.

Ou quand le Pacifique réussit enfin à faire de ses “contraintes” éventuelles des opportunités réelles!

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