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Gestion des terres d’accueil: mise en place d’un comité internationale - 10/07/2049

Mis à jour : 21 juil 2019

C’est une réunion d’importance majeure pour le Pacifique qui aura lieu en début de semaine prochaine à l’ONU et malheureusement l’aboutissement espéré par notre région risque fort de ne pas survenir.


En effet, dans quelques jours se tiendra la réunion internationale en vue de définir un régime de gestion foncière pour les terres confiées (affectées) aux pays du Pacifique victime de la montée des eaux.



Revenons un peu en arrière.


Il y a un peu plus d’une vingtaine d’année, les premiers Etats du Pacifique qui commençaient à faire face à la montée des eaux tels que Kiribati, Tuvalu… (oui oui, la montée des eaux étaient une réalité dès les années 2010/2020!) avaient commencé à acquérir des terres dans d’autres Etats comme solution de secours pour y transférer leurs population lorsque leurs terres insulaires d’origine ne seraient plus habitables (notamment du fait de la pollution des nappes d’eau douce par l’eau océanique salée).

A l’époque, ces terres avaient été acquises auprès d’autres Etats du Pacifique qui s’était montrés solidaires de leurs cousins.


Mais face à l’amplification du phénomène et de ses conséquences, les Etats du Pacifique (et certains d’Asie du Sud-Est et de l’Océan Indien) ont commencé à procéder à ces acquisitions de terre auprès des grands Etats qui disposaient d’espace libre: Etats-Unis, Chine, Australie, Russie, Inde…


A l’époque, face à la pression de l’opinion publique qui ouvrait enfin les yeux sur la réalité du changement climatique, les procédures d’achat avaient été relativement simplifiées.

Mais avec les premiers mouvements de population sur ces terres, la population des grands Etats d’accueil a commencé à soulever un certain nombres de questions quant aux interactions avec ce que l’on appelle communément (avec tous les préjugés que cela comporte) les “réfugiés climatiques”.


Là encore, l’opinion publique, de plus en plus 5ème pouvoir politique depuis l’avènement des réseaux sociaux, a orienté les décisions et actions politiques. Et les grands Etats, devenus frileux (malgré le réchauffement climatique) ont limité les droits des populations réfugiées vis-à-vis des terres qu’elles avaient acquises.


Face aux tensions croissantes l’ONU s’est emparé du sujet et a mené, depuis 5 ans, un groupe de travail pour définir les modalités de gestion et d’interactions liées à ces terres d’accueil:

  • Statut des réfugiés (citoyenneté du grand Etat ou maintien de leur citoyenneté d’origine),

  • Exploitation des ressources naturelles de ces terres (et propriété sur ces ressources),

  • Conditions de passage entre les terres d’accueil et le reste de l’Etat d’accueil (libre circulation ou frontière),

  • Et bien évidemment statut de la terre en elle-même : nouvel Etat, province, état fédéré ou simple occupation d’une terre d’un autre Etat.

On le voit bien, ces questions sont excessivement sensibles politiquement et la balance (politique, démographique) d’influence ne pèse pas en faveur du Pacifique. Raison pour laquelle ces derniers avaient souhaité que l’ONU soit le chef d’orchestre de ces négociations.


Les espoirs sont maigres mais, comme le passé nous l’a appris, les négociations internationales d’aujourd’hui, non résolues par des conflits armés désormais, prennent du temps. Espérons au moins qu’un terrain d’entente soit trouvé pour garantir à ces populations, qui n’ont pas choisi de quitter leurs terres d’origines, un minimum de droits et de décence avant que le temps ne fasse son affaire sur l’évolution du statut de ces terres, désormais ancrées dans le paysage institutionnel international.