89757353

©2019 by Observatoire Océanien de Prospective - 2OP. Proudly created with Wix.com

Services de recrutement par intelligence artificielle: les syndicats montent au créneau - 25/10/2039

Depuis plusieurs jours, de nombreuses entreprises, notamment du secteur hotelier, sont en grève illimitée. Mobilisés par l’ensemble des fédérations syndicales, plus de 80% du personnel est en débrayage dans le plus gros secteur économique de l’île et celui qui emploie encore toujours le plus de salariés.

La cause de la colère? Les nouvelles politiques de recrutement des employés et techniciens. Jusqu’à présent, les cadres et membres du niveau exécutifs sont toujours recrutés de façon traditionnelle par voie d’entretien en face à face avec le service des ressources humaines. Et il semblerait que cela ne soit pas à l’agenda de quelconques changements. Mais en revanche, les recrutement des employés et des techniciens a, depuis quelques mois, été considérablement modifié.


En effet, l’intersyndicale patronale du secteur de l’hôtellerie a décidé récemment de généraliser le recrutement à ces différents échelons hiérarchiques via l’utilisation de systèmes d’intelligence artificielle.


Ce n’est donc désormais plus par voie d’entretiens que sont recrutés les employés et les techniciens mais via un entretien réalisé par webcam et complètement contrôlé par un système d’intelligence artificielle. Pendant le cours de l’entretien, le système analyse les réactions émotionnelles de l’individu et défini un profil “d’employabiité” qui décide ensuite du recrutement final. L’intervention humaine y est désormais quasi-nulle.

Et cela a fortement déplu aux candidats rejetés qui ont alerté les centrales syndicales. Celles-ci, qui ont depuis quelques années renforcé leurs effectifs pour y inclure des ingénieurs et chercheurs en IA, ont analysé avec précision ce nouveau système. Et suite à ces quelques mois de travail et d’étude elles ont présenté un projet de mémorandum aux employeurs du secteur pour leur demander de modifier les procédures telles qu’établies aujourd’hui.


Selon les syndicats, le système actuel:

  • ne définit pas nécessairement un profil authentique du candidat qui n’est jugé que sur ses réactions émotionnelles instantanées. Hors, comme mentionné dans leur étude, certains individus réagissent diversement au stress et peuvent donc avoir des attitudes “jugées” comme inaptes par le système. De plus, les syndicats soutiennent que l’individu représentent et est composé de bien plus que ses simples émotions et que cela revient à réduire les employés à des “machines émotionnelles”, pour reprendre leurs mots. Le parallèle est tout tracé avec les “Temps modernes” de Charlie Chaplin,

  • Est fortement discriminatoire en ce qu’il n’est qu’appliqué qu’aux échelons de base de la hiérarchie. Ils revendiquent l’application du système à tous les niveaux ou son abandon pur et simple.


De leurs côtés les employeurs soutiennent que:

  • le système tient compte d’un ensemble complexe de critères et ne se contente pas d’une analyse visuelle de la réponse émotionnelle,

  • Est justifié pour les échelons de base qui sont le plus en relation avec la clientèle et qui doivent donc être capable de gérer leurs émotions correctement plus que d’être capables d’analyse…


La bataille s’annonce féroce et, compte tenu de la mobilisation globale actuelle, le bras de fer est sans doute loin d’être fini!