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Neuromarketing, l’Europe prend les devants - 24/09/2039

Le développement intensif des nouveaux outils neuronaux depuis une dizaine d’années s’est accompagné d’un important débat sur le cadre à donner à ces outils de plus en plus invasifs pour la vie privée.

Remontons un peu dans le temps: il y a un peu plus de 12 ans, les premières entreprises “sérieuses” (ayant établi suffisamment de recherches préalables pour attester de l’impact de leurs produits - à distinguer donc des entreprises du début des années 2020 qui vendaient plus des arnaques que des outils) ont commencé à mettre sur le marché à des prix raisonnables les outils neuronaux: casques d’amélioration de la vision, prothèse de réalité augmentée, puce implantée directement sur les circuits nerveux cérébraux…


Menée en grande partie par les entreprises telles que Neuralink (du légendaire Elon Musk) mais également par la suite Facebook, Google… cette révolution numérique 3.0 a permis à tous les détenteurs de ces nouveaux outils de grandement accroître leurs capacités cognitives, physiques et mentales.


Mais comme on le sait désormais pour ce qui est des (r)évolutions technologiques, ce nouveau pas ne s’est pas fait sans conséquences et sans coût pour l’individu. Si les réseaux sociaux ont été le paradis du vol de données, les outils neuronaux sont devenus le paradis du vol de pensées!


Au-delà de la simple analyse du comportement individuel via des capteurs externes (données personnelles laissées, tel un petit poucet, sur le chemin des nimbes du Web), c’est désormais des capteurs internes qui sont venus analyser non plus nos actions mais bien nos processus de réflexion et nos connexions cognitives.


L’ère du neuro marketing a tapé à notre porte bien plus vite que prévu et nos nouveaux outils sont devenus des clés ouvrant droit les portes de notre esprit. Pour le plus grand plaisir des grandes entreprises qui y ont vu là des sources encore plus précises d’analyse de nos instincts.


Car c’est bien là que le bât blesse: comme pour les données personnelles sur les réseaux sociaux, qui ne représentaient au final qu’une approche comportementaliste basique qui laissaient de côté des éléments tels que: faire face à nos peurs, être curieux… le neuro marketing ne cherche pas à pondérer les données obtenues directement dans notre cerveau par une compréhension de nos processus décisionnels et de ce que la science ne sait toujours pas expliquer: notre conscience. Et avec elle nos valeurs, choix moraux, sociaux…


Fort de l’expérience passée, l’Union Européenne a décidé de prendre les devants et de travailler sur un cadre réglementaire qui limitera fortement l’accessibilité des entreprises vendeuses de produits (et propriétaires des codes de fonctionnement des outils) aux données cérébrales des utilisateurs.


Au-delà de cet élément, l’UE cherche également le moyen d’imposer aux entreprises l’obligation de faire analyser l’ensemble de leurs algorithmes par des centres de recherche agréé qui viendront apporter une approche scientifique neutre et objective pour limiter la mise en oeuvre de méthode de vente agressive valorisant des réactions instinctives brutes.


Dans ce cadre, le Forum des îles du Pacifique s’est rapproché de l’UE pour apprendre du travail réglementaire qui sera mené en la matière et voir comment aider les états insulaires à prendre en compte ce cadre institutionnel et éviter que, comme les réseaux sociaux à l’époque, ces nouveaux outils ne viennent profondément impacter l’organisation sociale des communautés du Pacifique.